COUPLE
Conjoint de fait, êtes-vous
protégé ?
Au Québec, les
conjoints de fait et les enfants nés hors mariage sont
nombreux. Ils forment plus de 400 000 familles. Si vous en faites
partie, connaissez-vous bien vos droits ?
Par Nathalie Borduas
Contrairement à ce que plusieurs pensent, la loi ne
vous reconnaît pas de statut légal, peu importe votre nombre
d’années de vie commune. Certaines lois vous reconnaissent
cependant au même titre que les époux mariés : la loi sur la
sécurité du revenu, la loi sur l’aide juridique, la loi sur
les prêts et bourses. On vous accorde aussi certains droits
comme ceux de la Régie des rentes ou de la Société de l’assurance-auto.
Aux yeux de la loi,
votre statut de conjoint de fait ne vous donne pas les mêmes
droits et les mêmes recours qu’un couple marié. Aussi, mieux
vaut prévenir pour éviter les déceptions, si jamais votre
histoire d’amour tourne au vinaigre.
En cas de séparation
Si vous décidez de
vous séparer, vous ne disposez d’aucun recours alimentaire. La
loi ne vous accorde pas non plus de droit automatique dans le
partage des biens de votre couple.
Le patrimoine familial
Vous pensez peut-être
qu’après quelques années de vie commune, vous avez les mêmes
recours que les personnes mariées? Il n’en est rien. Les
droits concernant le patrimoine familial ne s’appliquent
qu’aux personnes mariées. Si vous vivez en union libre, il est
important de vous protéger pour éviter tout problème résultant
d’une séparation.
Vous pouvez par
exemple signer un contrat de vie commune ou contrat de
cohabitation qui prévoit le partage des biens de votre couple.
En l’absence d’un tel contrat, si vous vous séparez, vous
demeurez propriétaire des biens qui vous appartiennent, d’où
l’importance de conserver les documents prouvant qu’ils vous
appartiennent bel et bien (ex. : les factures de meubles,
d’électroménagers, d’appareils électroniques, etc.). Mais si
votre conjoint a acheté et payé la maison, elle lui appartient
en totalité.
Il existe cependant
un recours qui vous permet de réclamer une compensation en
argent à votre conjoint si vous pouvez prouver que vous avez
enrichi son patrimoine alors que vous vous êtes appauvrie.
La meilleure façon de
vous protéger est de recourir à la copropriété de la résidence
familiale; de cette façon, même si vous n’avez pas contribué à
parts égales à l’achat, à l’amélioration et à l’entretien de
votre résidence, en tant que copropriétaire, la loi vous
considère, votre conjoint et vous, comme propriétaires à parts
égales.
Les enfants
Tous les enfants,
qu’ils soient issus d’un mariage ou d’une union libre
bénéficient du même traitement pour la pension alimentaire et
l’aide de leurs parents. À ce titre, la garde et la pension
alimentaire pour les enfants sont décidées par la Cour. En
tant que conjoint de fait, vous avez donc à ce chapitre les
mêmes droits et recours qu’un couple marié. Aux yeux de la
loi, tout parent, qu’il soit marié ou conjoint de fait, a les
mêmes obligations et responsabilités à l’égard de ses enfants.
On a voulu ainsi s’assurer que tous les enfants, peu importe
le statut civil de leurs parents, aient les mêmes privilèges
en matière de pension alimentaire, de droits d’accès ou de
garde, etc.
Comment vous protéger
Un contrat civil
régissant votre union, qui détermine le partage des biens,
peut aussi prévoir une pension alimentaire. C’est la seule
façon de vous protéger. Ce contrat peut prévoir, entre autres,
des dispositions concernant vos biens et ceux de votre
conjoint, la responsabilité quant aux dettes de chacun, ou
toute autre situation propre à votre couple. Ce contrat qui ne
vous semble pas utile ou nécessaire en ce moment parce que
vous filez le grand amour pourra vous être d’un précieux
secours si votre union tourne mal. Mieux vaut être prudente et
régler ces détails pendant que tout va bien et qu’il est
facile de vous entendre qu’après une séparation où le dialogue
peut devenir moins amical …
En cas de décès de votre conjoint
La Régie des rentes
vous accorde à la suite du décès de votre conjoint la rente au
conjoint survivant, après trois ans de vie commune ou après un
an, si vous avez eu un enfant. En cas de séparation, elle vous
reconnaît aussi un droit aux gains accumulés mais seulement si
votre conjoint y consent, ce qui n’est pas toujours facile à
obtenir en cas de séparation.
L’importance du testament
Comme conjoint de
fait, la loi ne vous reconnaît pas au chapitre de la
succession. Si votre conjoint décède sans testament en votre
faveur, sa succession ira à ses héritiers légaux, (enfants,
parents, frères, sœurs, etc.) Seul un testament en votre
faveur pourra vous permettre d’hériter de votre conjoint
défunt.
Pour plus d’informations
L'union de fait
Ministère de la Justice du Québec
La médiation familiale
Ministère de la Justice du Québec
Table de fixation
(calcul de la pension)
Ministère de la Justice du Québec